Pupitre préampli à tubes – part 1

Cet amplificateur doté des réglages habituels a été conçu à l’origine pour aller de paire avec l’amplificateur de puissance. Mais rien n’empêche de lui adjoindre un autre étage de sortie. Il est équipé de tous les réglages et connecteurs nécessaires. Il ne faut pourtant aucune connaissance particulière de la
technique des tubes pour mener à bien sa construction.

Capture

Comme sur la plupart des amplificateurs, on trouve ici les réglages de volume, de tonalité, grave et aiguë, ainsi que de balance. Il dispose aussi
de toutes les possibilités de raccordement généralement présentes, avec en supplément une entrée devenue rare de nos jours, celle pour cellule de lecture phonographique.

La version stéréo complète de l’amplificateur se compose de cinq platines : une pour chaque canal d’amplification, une à vocation d’entrée et sortie, avec toutes les prises Cinch et les relais, une pour l’alimentation à haute tension, la dernière pour la basse tension.

Celle-ci fournit du 12,6 V continu, entre autres pour les filaments des tubes.

1

Figure 1. Les composants actifs de l’amplificateur sont les tubes EF86 et ECC82. Le FET T1 est un simple additif.

Deux tubes :

Dans l’amplificateur de la figure 1, nous utilisons une contre-réaction totale, mais dans le préamplificateur phonographique, c’est une rétroaction locale qui est employée.

Les tubes électroniques sont en principe fabriqués sous des tolérances étroites, si bien qu’ils fonctionnent sans difficulté et donnent d’excellents résultats sans rétroaction.

Le montage est très simple. La console de réglage se compose essentiellement de V2A et V2B, une ECC82. De réglage de volume P1 se situe directement à l’entrée de l’amplificateur de réglage et l’on peut, à l’aide d’un relais, choisir une des deux sources de signal, à savoir la sortie de l’étage phonographique ou l’entrée de ligne (K2/3-4).

Le réglage de tonalité se trouve entre V2A et V2B. Il s’agit d’un montage passif équipé de potentiomètres logarithmiques.

Quant à la balance, commandée par P5, elle se situe en sortie de V2B.

Détails de l’ampli :

Le préamplificateur pour phono constitue une version modifiée d’une recette Philips à base de EF86 (V1). Son faible bruit et le peu de microphonie qu’il présente en font un excellent choix pour cette application.

La correction RIAA nécessaire, on l’obtient par une contre-réaction dépendante de la fréquence. Pour une tension normale délivrée par la cellule MD (magnétodynamique), la sortie de l’étage phono s’élève à 54 mV, ce qui concorde avec la sensibilité d’entrée de l’étage suivant, sur l’amplificateur à réglages.

L’entrée de ligne, c’est K2. Par l’intermédiaire de la platine d’entrée-sortie (E/S), sur laquelle nous reviendrons plus loin, il est possible d’y raccorder un lecteur de CD, un récepteur de radio, etc.

Normalement, Re1 est en liaison avec l’entrée de ligne, la sélection du lecteur CD, de l’enregistreur, du récepteur ou de l’entrée auxiliaire, c’est l’affaire des relais situés sur la platine d’E/S.

À l’origine, nous ne pensions pas adjoindre de sortie de ligne. Après révision de notre position, nous en avons ajouté une (K2), d’où la présence d’un intrus dans le petit monde des tubes, l’amplificateur à FET (T1), à considérer comme une sorte de supplément en prime.

Le réglage de tonalité, avec P2 pour l’aigu et P4 pour le grave, est tout ce qu’il y a de classique.

En position linéaire, il présente une atténuation de 14 fois, il faudra donc une sérieuse amplification pour atteindre le niveau de 450 mV requis pour attaquer
l’étage de puissance.

C’est une double triode ECC83 (V2) qui s’en charge. Chaque triode offre un gain de 11 fois, le facteur d’amplification total sera donc largement suffisant. Le réglage de balance (P5) de cet amplificateur est, en revanche, très particulier.

Bien qu’un potentiomètre ordinaire de balance soit utilisable, nous avons monté sur le prototype deux potentiomètres logarithmiques, un par canal. En position médiane, un potentiomètre logarithmique se situe à environ 16 % de sa résistance nominale.

Pour un modèle de 50 kΩ, on mesure ainsi 8 kΩ entre le début de piste et le curseur et de là, 42 kΩ jusqu’à la fin de la piste. Les brancher en sens inverse permet alors de limiter, en position centrale, à 8 kΩ la résistance série supplémentaire introduite, tout en autorisant de ramener à zéro le signal.

Il faut coupler mécaniquement les deux potentiomètres simples de manière à ce qu’ils tournent en sens inverse, ce que l’on réalise aisément avec deux
roues dentées.

L’alimentation fournit une tension de filaments de 12,6 V. Une ECC82 s’y branche directement, mais pour une EF86, il ne faut que 6,3 V.

On résout le problème par la mise en série des deux tubes, puisqu’il y en a un par canal. C’est K2 qui rend l’opération très simple. Sur un canal, les bornes
7, 8, 9 et 10 sont couplées par pont de câblage avec les bornes 11, 12, 13 et 14 de l’autre canal.

Sur un amplificateur monophonique, on remplace le second filament par une résistance en série de 33 Ω/2 W.

Disons encore pour finir le chapitre que, sur notre prototype, nous avons remplacé R10 par un cavalier. Mais si le gain de la ECC82 était trop élevé, on aurait la possibilité de réduire le niveau par le diviseur R10/R11.

2

Figure 2. La commutation par relais des entrées et sorties entraîne une simplification drastique du câblage.

Les circuits d’E/S :

Quatorze au total, les embases Cinch que vous pouvez compter sur la platine d’E/S et de réglage, représentée à la figure 2. Derrière les entrées pour CD, enregistreur, radio et auxiliaire, nous avons installé des atténuateurs composés des résistances en série R1 à R4 (ou R6 à R9) et la résistance commune R5 (R10).

Selon les appareils à connecter, vous gardez la latitude d’adapter ces résistances en série au coefficient d’affaiblissement requis. Vous savez que certains lecteurs de CD fournissent un signal de sortie nettement supérieur à la sensibilité de 250 mV de notre entrée de ligne. Avec une résistance en série de 220 kΩ, par exemple, sur l’entrée auxiliaire, vous pourrez encore brancher directement un ancien tourne-disque équipé d’une cellule céramique de hautefidélité,
elle délivre une tension de sortie élevée et ne requiert pas de correction RIAA, contrairement à la magnétodynamique.

Dans le souci de préserver la simplicité du câblage des entrées, nous avons fait appel à des relais. Sur chaque platine d’amplificateur se trouve un relais inverseur.

S’il est activé, c’est l’entrée phono qui est en service, sinon ce sera l’entrée de ligne qui se verra connectée au pupitre de réglage. Sur les cartes d’E/S, les relais Re1 à Re4 (ou Re5 à Re8) sélectionnent l’entrée CD, enregistreur ou radio pour l’envoyer à l’entrée de ligne : il suffit d’activer le relais correspondant.

Une remarque encore à propos du circuit d’E/S. Si vous n’êtes pas certain que la sortie de l’appareil source utilisé est exempte de tension continue,
nous vous conseillons d’insérer entre l’entrée de ligne et la platine amplificatrice un condensateur MKT de 2,2 μF (Cx et Cy sur la figure 2).

3

Figure 3. L’alimentation se compose de deux parties distinctes : la haute et la basse tension.

L’alimentation :

Il faut au préamplificateur deux tensions d’alimentation : la haute tension de 260 V et la tension de filaments de 12,6 V. Pour éviter toute difficulté
d’approvisionnement, nous avons opté pour deux transformateurs classiques à noyau torique.

Le premier, Tr1, abaisse la tension du secteur à 15 V. Il est suivi d’un redresseur et d’un régulateur pour assurer le chauffage des filaments. L’autre, Tr2, fournit du 230 V environ.

Les transformateurs toriques rayonnent très peu de champ et n’occasionnent donc aucun ronflement. Ils peuvent s’empiler pour économiser la place dans le boîtier.

À la figure 3, vous trouverez le schéma complet de l’alimentation, la haute tension dans la partie supérieure, l’autre en bas.

Le transformateur Tr1 est un modèle de 30 VA et Tr2, de 15 VA, c’est le plus petit de la gamme. Ils disposent de deux enroulements secondaires que nous branchons en parallèle.

Les diodes D1 à D4 d’une part, D5 à D8 de l’autre, assurent le redressement. En shunt sur chaque diode, il y a ce que l’on appelle un condensateur anti-cliquetis (ou antiparasite) qui ralentit la commutation des diodes et empêche la génération de perturbations à haute fréquence.

C9 et C11 sont les condensateurs réservoirs pour la basse et haute tension. Leurs lignes à zéro volt sont interconnectées.

La basse tension est stabilisée à l’aide du célèbre régulateur variable LM317. C’est le potentiomètre d’ajustage P1 qui vous permettra d’amener à 12,6 V précisément la tension de sortie.

Il est alors possible, en ajoutant le cavalier JP1, de la ramener, si nécessaire, à 6,3 V par modification du diviseur de tension.

L’alimentation peut ainsi servir à d’autres montages (simples) à tubes. Le courant qu’elle est alors capable de fournir se situe nettement plus bas, environ 400 mA. Le condensateur C10 améliore la réponse en transitoire et la LED1 vous indique que l’alimentation est en service.

Mais elle sert aussi, avec R4, à constituer une charge interne minimale pour assurer le bon fonctionnement du CI.

Le MOSFET IRF740 (T1) dans la partie haute tension a pour mission de réduire considérablement l’ondulation résiduelle à 100 Hz. Pour une charge normale de 50 mA (l’amplificateur à pupitre en consomme 15 mA), la tension de ronflement sur C11 peut s’exprimer comme suit :

Ur = 1,7 x I/C =
1,7 x 50 / 220 = 0,4 V

Avec Ur = la tension d’ondulation crête à crête

I = la consommation en mA
C = la valeur en μF de C11.

Si nous appliquons à la porte de T1, monté en drain commun (source suiveuse), une tension exempte de ronflement, il n’y en aura pas non plus en sortie, sur la source du FET, pour peu que T1 dispose d’une marge de suffisante pour compenser les fluctuations du réseau.

Ce sont R5, R6 et C12 qui devront y veiller.

Le circuit qui entoure T1 s’occupe également d’assurer, à la haute tension, décollage et atterrissage en douceur. Après mise sous tension, la haute tension s’élève progressivement pour atteindre son niveau nominal en trois secondes à peu près.

À la coupure également, la forte capacité de C11 fait en sorte que la descente en tension s’opère lentement. Dans les deux cas, il s’agit d’empêcher les
transitoires brutaux. D9 sert à décharger le condensateur C12 après la coupure de l’alimentation, R7 prend quelques minutes à faire disparaître la tension de sortie et C13 s’occupe du découplage en haute fréquence.

Le fusible F1 protège T1 en cas de court-circuit en sortie. Il n’y a pas de raison, en principe, d’assurer de refroidissement supplémentaire pour le FET, même s’il doit fournir 50 mA.

4

Figure 4. La platine d’amplification ne porte qu’un canal. Pour la stéréo, il en faut deux.

Liste des composants pour la platine de l’amplificateur (mono) :

Résistances :
R1 = 680 kΩ
R2,R12 = 150 kΩ
R3 = 68 kΩ
R4,R9,R17 = 2kΩ2
R5,R11 = 100 kΩ
R6 = 390 kΩ
R7 = 10 MΩ
R8,R19 = 10 kΩ
R10 = 0 Ω (pont de câblage – cf. texte)
R13 = 15 kΩ
R14,R16,R20 = 47 kΩ
R15 = 1kΩ2
R18 = 1kΩ5
R21 = 1 kΩ
Toutes les résistances sont des résistances à film métal de 0,5 à 1 W telles que, par exemple, MBE-0414 (Beyschlag)

Potentiomètres :
P1,P2,P4 = 500 kΩ log. stéréo
P3 = ajustable 20 kΩ couché RM 5,08/2,54 (Conrad (RFA) 424420) ou RM5/10
P5 = 50 kΩ log.

Condensateurs :
C1 = 100 pF/250 V polypropylène (Conrad (RFA) 458686 par exemple)
C2 = 330 pF/250 V polypropylène (Conrad (RFA) 458740 par exemple)
C3 = 10 μF/385 V axial 12×30 mm
C4,C10 = 15 nF/630 V RM10
C5,C14,C17 = 220 μF/35 V radial RM5
C6 = 2μF2/250 V RM27,5 ou RM22,5
C7,C12 = 100 nF/400 V RM15
C8 = 4nF7/630 V RM10 ou RM7,5
C9 = 270 pF/250 V polypropylène (Conrad (RFA) 458732 par exemple)
C11 = 1 nF/630 V RM10 ou RM7,5
C13 = 22 μF/350 V axial 16 x 36 mm
C15 = 1 μF/250 V RM22,5
C16 = 10 μF/35 V tantale RM 2,5

Tubes/Semi-conducteurs :
V1 = EF86
V2 = ECC82
T1 = BF245A
D1 = 1N4148

Divers :
Re1 = -relais DIL 12 V unipolaire
2 supports Noval 18 mm encastrable tel que, par exemple, Conrad (RFA)120529

Support DIL 14 contacts tulipe (pour Re1)

Embase auto sécable mâle à 1 rangée de 36 contacts
Embase auto sécable femelle à 1 rangée de 36 contacts
4 picots + douille correspondante

Construction :

Platine d’amplificateur

La platine pour l’amplificateur à pupitre, vous en trouverez une reproduction à la figure 4. De difficulté de construction, il n’y en a sûrement pas, mais les quelques remarques qui suivent devraient vous simplifier la tâche.

Les supports des tubes sont faits de matière synthétique. Ils se placent tout bêtement sur la face composants de la platine.

Les connecteurs SIL pour K1, K2, P1, P2, P4 et P5 sont disponibles en longues barrettes, il convient de les couper à longueur à l’aide d’une petite scie à métaux. Mais rassurez-vous, chacun d’eux compte au moins deux contacts, cela évite de les bousiller ! Et pour prévenir autant que possible les erreurs de raccordement, nous n’utilisons que des contacts mâles sur la platine amplificatrice, des femelles sur celle d’E/S.

Pour certains condensateurs, des trous supplémentaires dans la platine permettent d’installer des modèles de gabarit différent, pour vous faciliter la vie. Le raccordement des hautes tensions s’opère à l’aide de broches pour circuit imprimé.

Les valeurs de tension indiquées sur le schéma sont valables dans le cas du branchement d’une seule platine sur l’alimentation.

On peut observer des variations de l’ordre de 10 %. La tension sur le drain de T1 doit se situer entre 6 et 9 V. Sinon, changez le FET.

Les caractéristiques peuvent fort varier d’un exemplaire à l’autre.

5

Figure 5. Un coup d’œil sur la photo permet souvent d’éviter des soucis.

La figure 5 vous présente une photo de l’amplificateur terminé.

6

Figure 6. La platine d’E/S peut servir de pupitre de raccordement. L et R signifient évidemment canal gauche et canal droit.

Liste des composants :

pour la platine de l’alimentation

Résistances :
R1 = 1kΩ2
R2 = 270 Ω
R3 = 2kΩ2
R4 = 1 kΩ
R5 = 47 kΩ
R6 = 1MΩ5
R7 = 100 kΩ
P1 = ajustable 500 Ω couché RM 5/2,5 ou 5/10
Toutes les résistances sont des résistances à film métal de 0,5 à 1 W telles que, par exemple, MBE-0414 (Beyschlag)

Condensateurs :
C1 à C4 = 100 nF/100 V RM10
C5 à C8 = 100 nF/630 V RM22,5
C9 = 4 700 μF/40 V électrochimique radial, RM10/12,5 ou RM10
C10 = 100 μF/63 V électrochimique radial RM5
C11 = 220 μF/400 V électrochimique radial RM10
C12 = 22 μF/350 V électrochimique axial, 16×36 mm, tel que, par exemple, Conrad (RFA) 477052
C13 = 100 nF/630 V RM22,5

Semi-conducteurs :
D1 à D4 = 1N5404
D5 à D9 = 1N4007
IC1 = LM317
T1 = IRF740 ou BUZ61 ou BUK455-400B (VDS ≥ 400 V)
LED1 = LED rouge 5 mm

Divers :
Tr1 = transformateur torique 230 V/2×15 V, 1 A, tel que, par exemple, Amplimo 11013
Tr2 = transformateur torique 230 V/2×15 V, 0,5 A, tel que, par exemple, Amplimo 1013
J1 = embase autosécable male à 1 rangée de 2 contacts radiateur SK129/50,8/STS, Rth 5°C/W porte-fusible encastrable 5×20 mm couché RM22,5
F1 = fusible 100 mAF
8 picots + douille correspondante

Liste des composants pour la platine d’E/S :

Résistances :
R1 à R4, R6 à R9 = 100 kΩ
R5,R10 = 20 kΩ

Condensateurs :
Cx,Cy = 2μ2 MKT (cf. texte)

Semi-conducteurs :

D1 à D8 = 1N4148
Divers :
Re1 à Re8 = relais SI 12 V à 1 contact travail tel que, par exemple, Conrad (RFA) 504602 14 x Cinch-châssis à visser SIL-printheader 5-polig
6 picots + douille correspondante

Platine d’E/S :

Vous trouverez à la figure 6 une représentation de la platine d’E/S. Il ne faut pas oublier d’étamer les cosses de mise à la masse avant de visser les bornes Cinch.

Les entrées des connecteurs sont orientées vers la face cuivrée de la platine. Les rondelles éventails qui accompagnent les bornes se placent sous l’écrou
pour les bloquer définitivement. Ces connecteurs sont les premiers composants à installer.

Chaque canal stéréo possède deux points de masse distincts, Gnd-Out et Gnd-L/R-In, qui doivent être raccordés aux points correspondants de la platine
d’amplificateur.

Dans la deuxième partie de ce sujet, nous vous fournirons un plan de câblage qui, outre les interconnexions générales, indiquera clairement comment
raccorder les tresses des câbles blindés de manière à éviter les boucles de masse.

7

Figure 7. Voici comment assembler les composants de la platine d’E/S.

La figure 7 montre la platine d’E/S dans sa forme définitive.

8

Figure 8. Pour faire de cette platine d’alimentation deux ensembles distincts, il faut une bonne scie !

Platine d’alimentation :

Il y a deux platines d’alimentation, une pour la basse et une pour la haute tension. Comme on le voit à la figure 8, elles sont fabriquées ensemble, il
faudra les scier pour les séparer. Elles se placeront de part et d’autre du bloc central de transformateurs, les deux tores montés l’un sur l’autre.

La construction est aisée. Ici aussi, on fait usage de broches pour circuit imprimé et de cosses enfichables. Le condensateur électrolytique C9 indiqué dans la liste des composants possède trois bornes de raccordement, mais la platine est aussi apte à accueillir un modèle à deux broches.

Il est fortement conseillé d’enduire IC1 de pâte conductrice de la chaleur lors du montage sur le radiateur.

Dès que vous aurez vérifié les platines, vous pourrez les placer provisoirement sur un plancher, le temps de tester les alimentations. Par sécurité, on peut charger la sortie à haute tension par une ampoule de 220 V/8 W.

Sans elle, la haute tension à vide monte facilement à 260 V, un peu moins avec la lampe. Prudence donc lors de la mesure ! C’est aussi l’occasion d’ajuster avec précision la tension de filaments à 12,6 V.

9

Figure 9. Les cartes d’alimentation montées. Les diodes y sont-elles bien à l’endroit ?

La figure 9 vous montre à quoi ressemblent les platines d’alimentation terminées.

Nous avons analysé chacune des platines. Le moment est venu de voir comment assembler le tout, de la construction mécanique au câblage d’ensemble. Il nous restera à apprécier les résultats de mesure.

 

Capture

Pour un appareil comme celui-ci, l’habillage revêt une grande importance. Le boîtier que nous avons choisi pour le prototype provient de la gamme de la firme Conrad et se compose de deux tôles noires en acier, épaisses de 1,5 mm pour le dessus et le fond, ainsi que de deux façades en aluminium de 1 mm.

Le dessus et le fond sont percés d’ouvertures de ventilation. Les façades présentent des bords repliés sur lesquels nous visserons les tôles du haut et du bas.

Leur finition est en mat brossé recouvert d’une feuille de protection. Pour mieux s’y retrouver,nous appellerons « face avant » la tôle qui servira de tableau de bord et l’autre, la face arrière.

1

Figure 1. Comme suspendu entre faces avant et arrière, le châssis en U tient par des entretoises de 15 mm à l’avant, 20 mm à l’arrière.

spe

 AB

Courbes de mesure :

A représente le spectre de fréquence à volume maximum. La distorsion contient principalement l’harmonique 2 à –60 dB et ce pic correspond à une valeur de 0,1 % de DHT+B. La fondamentale est affaiblie dans les mesures. Le ronflement d’alimentation et le rayonnement des transformateurs se situent sous les 90 dB, négligeables donc.

B montre les réglages de tonalité en position neutre. Ces courbes restent en dépendance de la tolérance sur les composants utilisés, potentiomètres et condensateurs.

Construction mécanique :

Le châssis choisi est le summum de la simplicité : un U fait d’aluminium de 1,5 mm d’épaisseur dont les dimensions, comme à la figure 1, s’établissent à 290 x 155 x 85 mm. Tous les composants de l’amplificateur s’y fixeront.

À l’avant, quatre entretoises de laiton de 15 mm de long, à l’arrière quatre autres de 20 mm de long et les façades se vissent sur les entretoises par des vis de M3x5. Le châssis d’aluminium est donc comme suspendu entre face avant et face arrière.

Il y a, entre la face avant et la partie antérieure du châssis, un espace de 15 mm pour les écrous des potentiomètres et commutateurs ainsi que pour les pignons du potentiomètre de balance.

Mais les témoins à LED et l’interrupteur général se fixent à la face avant elle-même. À l’arrière, l’espace est de 20 mm, c’est là que se glisse la platine
d’E/S, pourvue d’entretoises de 15 mm de long.

On y installe également le filtre secteur de la prise euro et un petit ventilateur.

L’alimentation se place tout à l’arrière du châssis, le bloc de transformateurs au milieu, à gauche la platine à basse tension et à droite la haute tension. L’avant du châssis sera occupé par les deux cartes d’amplification.

Toutes les platines se vissent sur des entretoises longues de 10 mm, la partie à haute tension sera dotée d’exemplaires en plastique. Entre l’alimentation et les platines amplificatrices, nous intercalons une plaque d’aluminium de 1 mm d’épaisseur et de 55 mm de hauteur, avec un bord replié en bas.

Pour le fixer au châssis en U, ce rebord se glisse sous les entretoises des amplificateurs. Sur cette plaque d’aluminium, du côté des cartes amplificatrices, nous avons collé, sur le prototype, un morceau de gaine électrique pour servir de conduit à quelques câbles.

Vous verrez cette gaine sur la photo de la figure 2, avec la position des platines et des autres composants.

2

Figure 2. Les entrailles du pupitre, avec tout le câblage et il n’y manque même pas un bouton !

Détails :

Ventilateur

Les trous de ventilation dans le dessus et le fond du boîtier ne suffisent pas à évacuer la chaleur produite. Comme nous ne voulions pas abîmer le coffret en y pratiquant de plus grandes ouvertures, nous avons installé un petit ventilateur à l’arrière.

En insérant une résistance en série (82 Ω sur le prototype) il tourne assez lentement et comme il est monté sur élastiques, il reste pratiquement inaudible.

Le flux d’air est orienté vers le radiateur du LM317. La ventilation forcée expulse aussi la chaleur dissipée par les tubes.

Lorsque les faces avant et arrière sont vissées aux entretoises, les trous de fixation pour le haut et le bas risquent fort de ne pas s’aligner exactement. Il est presque impossible d’ajuster le châssis en U avec la précision voulue.

Aussi, à l’arrière, avons-nous allongé les entretoises à l’aide de rondelles pour les faire correspondre aux trous. Cela nous permettra d’éviter de coincer le ventilateur et de le laisser faire son office en silence.

Interrupteur général :

Si l’on veut réduire le plus possible les parasites induits par le câblage sous tension du secteur, il faut que l’interrupteur général se situe au plus près de l’entrée du cordon d’alimentation.

Mieux vaut alors utiliser un interrupteur à poussoir muni d’une allonge jusqu’à la face avant.

Sur le prototype, nous avons construit spécialement un système basé sur un interrupteur à bascule et un bras d’allonge sur mesure, mais nous n’allons pas vous embarrasser davantage de toutes ces descriptions mécaniques.

3

Figure 3. C’est un engrenage, entraxe de 25 mm, qui solidarise les potentiomètres de balance.

Réglage de balance :

Comme nous l’indiquions dans la première partie, nous avons mis en jeu, pour la balance, deux potentiomètres logarithmiques couplés mécaniquement
par engrenage, comme à la figure 3.

Une tige filetée au pas M3 traverse chacune des roues dentées et comme le matériau est friable, mieux vaut limer au préalable une partie plane sur l’axe des potentiomètres.

On pourra alors se contenter d’un serrage moindre des vis dans les pignons pour les caler fermement.

Autre truc : il est assez facile de pourvoir les autres potentiomètres d’un repère tactile en position centrale et de déclics. On monte les mêmes rouages sur l’axe des autres potentiomètres, volume et tonalités et on fait appuyer un petit ressort en lame contre les dents.

Une petite sonnette ou un timbre de bicyclette, appuyé dessus, tintera à chaque dent. Enlever une des dents à l’endroit ou le potentiomètre occupe la
position médiane procure un repère tactile. Tout cela est bien visible sur la photo de la figure 3.

4

Figure 4. Le branchement des câbles des différentes alimentations.

Câblage :

La plaque d’aluminium centrale porte quatre traversées pour les conducteurs de la haute tension et de celle des filaments. Les trous se situent à mi-hauteur.

La figure 4 montre la manière de câbler l’alimentation. On commence par le raccordement des transformateurs à la platine d’alimentation, les raccords du ventilateur et les connexions secteur entre l’interrupteur, le fusible et le filtre euro.

Le fil de terre du filtre est relié à l’aide d’une cosse à souder au châssis en U. La haute tension et les filaments sont câblés en fil torsadé, en passant
par les traversées.

On place les cavaliers pour les filaments sur l’embase K2, après quoi on branche en série, par un câble tiré dans la gaine électrique, les filaments des
EF86.

Pour finir, on raccorde le témoin à LED et le sélecteur d’entrée S1. La borne 1 de S1 va directement à K2/1-2 sur l’amplificateur de gauche et via le câble plat à K2/1-2 de l’amplificateur de droite.

Cette nappe de câble à 6 conducteurs (puis 5 vers la platine d’E/S) passe par la gaine.

5

Figure 5. Le câblage des conducteurs porteurs du signal.

La figure 5 montre l’allure du câblage porteur des signaux. Les potentiomètres de volume, aigu et grave se relient par de petits morceaux de câble plat, les autres liaisons s’exécutent en câble faradisé (gainé d’un écran tressé) .

Il est plus aisé de couper à dimension ces câbles et de les connecter à la platine d’E/S avant sa fixation, l’accessibilité est alors bien meilleure

Accordez toute votre attention aux tresses de blindage.

À l’entrée phono, elle est connectée au point de masse de la platine, mais sur la platine d’E/S, elle va à Gnd-L/R, tout comme l’entrée de ligne. De la même manière, la tresse de la sortie voisine de P5 se branche au point de masse de la platine.

Également, près des potentiomètres de balance, les tresses vont à la broche de raccordement gauche et sur la platine d’E/S au Gnd-Out, tout comme la tresse de Line-Out.

Les trois câbles faradisés vers l’amplificateur de gauche transitent par la gaine. Un seul point du réseau de mise à la masse est en contact avec le châssis, c’est le Gnd-L de la platine d’E/S.

Comme on le voit à la figure 5, il est préférable de souder les condensateurs de blocage Cx et Cy directement aux prises Line-in de la platine d’E/S.

Réglage :

Le plus simple, pour ajuster les commandes de tonalité, c’est de brancher un oscilloscope ou un millivoltmètre alternatif à la sortie.

Tourner P2 et P4 à tour de rôle à fond à gauche et à droite et tâcher, à l’aide de P3, de régler les minima et maxima à 50 Hz et 10 kHz pour qu’ils soient égaux sur les deux canaux.

Comme ce sont des potentiomètres logarithmiques qui y sont employés, la position centrale ne correspond pas exactement à une courbe de réponse en fréquence plate. Pour la trouver, on applique à l’entrée (pas celle du phono) une onde carrée de 1 kHz et l’on observe la sortie à l’oscilloscope.

Il faut tourner les réglages d’aigu et de grave jusqu’à ce que l’onde carrée soit la plus pure.

Il ne reste plus qu’à bloquer les boutons sur les axes des potentiomètres de manière à ce que le repère pointe vers le « 0 ».

Pour régler la balance, on positionne d’abord le potentiomètre de balance de droite (celui qui porte le bouton) au milieu. Puis on tourne l’autre potentiomètre (sans sa roue dentée) jusqu’à ce que le signal de sortie des deux amplificateurs soit d’égale intensité.

Il faut alors fixer le pignon dans cette position. On peut encore rattraper une légère erreur en modifiant le blocage du corps du potentiomètre.

Si vous allumez l’étage final lorsque le volume est à fond en position phono, vous entendrez un léger souffle et du ronflement résiduel.

Pendant la rotation du réglage de volume, vous pourrez sans doute entendre un léger bruissement. Il disparaîtra si vous reliez électriquement son axe au boîtier par le truchement d’un petit ressort métallique. Le ronflement cessera aussi dès la pose des plaques métalliques constitutives du dessus et du fond.

Vous pouvez aussi utilement raccorder électriquement par du fil souple les deux moitiés du boîtier au point de masse central.

Liaison à l’amplificateur de sortie :

Le câble audio faradisé présente parfois une capacité répartie assez forte, jusqu’à 200 pF par mètre. S’il lui faut couvrir une longue distance entre le pupitre et l’amplificateur de puissance, mieux vaut en choisir un qui convient bien, caractérisé par une faible capacité parasite, de manière à préserver les
tonalités élevées.

Vous pouvez fabriquer des câbles à très basse capacité à l’aide de coaxial RG-59 de 75 Ω, d’un diamètre de 6,2 mm, muni de fiches Cinch de qualité. La
capacité linéaire de ce type de coaxial n’atteint que 69 pF/m, si bien qu’il peut sans inconvénient ponter des distances de plusieurs mètres.

Liste des composants nécessaires à la réalisation :

– Coffret 2 pièces 300x200x110 mm (lxpxh) (Conrad RFA 520489)
– Entrée secteur euro à filtre de déparasitage intégré (Conrad RFA 515442)
– Ventilateur 40 x 40 mm, épaisseur 20 mm 12 VDC,
– 2 x engrenage polyacétate 50.M0,5 (Conrad RFA 237850)
– S1 = rotacteur 6 positions 2 circuits, coupure avant contact (Conrad RFA 709751)
– S2 = interrupteur secteur
– F2 = porte-fusible + fusible 250 mAT
– signalisation à LED 12 VDC
– 4 x bouton noir 21 mm
– 4 x capsule à repère rouge 21 mm
– 1 x bouton noir 28 mm
– 1 x capsule à repère rouge 28 mm

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.